Présentation du modèle et contexte de marché
La Chevrolet Bel Air 1957 n’est pas seulement une automobile ; elle est le symbole ultime de l’optimisme américain de l’après-guerre.
Lancée dans un contexte de croissance économique insolente, elle représentait le luxe accessible pour la classe moyenne supérieure. À l’époque, elle devait rivaliser avec une concurrence féroce, notamment chez Ford et Plymouth, qui proposaient des designs totalement renouvelés pour l’année 1957.
Chevrolet, sous la pression de la « guerre des ventes », a dû transformer un modèle de transition en un chef-d’œuvre intemporel.
Ce modèle s’inscrit dans la lignée des « Tri-Five », ces trois années (1955, 1956, 1957) où Chevrolet a redéfini le paysage automobile mondial. La version 1957 est souvent considérée comme la plus aboutie, celle qui a poussé le concept du « Jet Age » à son paroxysme esthétique.
Elle incarne la transition entre la voiture utilitaire et l’objet de désir statutaire, un virage marketing majeur pour General Motors qui a permis à la marque de dominer le segment des voitures à bas prix tout en offrant des prestations de haut vol.
En 1957, le marché américain était en pleine mutation. Les autoroutes commençaient à quadriller le pays, et les consommateurs réclamaient plus de puissance et plus de confort.
La Bel Air a répondu à cette demande avec une offre moteur pléthorique et une liste d’options digne d’une Cadillac. Ce contexte de compétition technologique a fait de la ’57 Chevy une icône dès sa sortie d’usine, un statut renforcé par sa domination immédiate sur les circuits de NASCAR et son omniprésence dans la culture populaire.
CONCEPTION
La naissance de la version 1957 est le fruit d’un contretemps stylistique qui s’est transformé en coup de génie. Initialement, General Motors prévoyait un châssis entièrement nouveau pour 1957.
Cependant, des retards de production massifs chez les fournisseurs d’outillage ont forcé les ingénieurs à réutiliser la structure existante des modèles 1955 et 1956, obligeant les designers à une créativité débordante pour masquer cette continuité technique.
Cette contrainte structurelle a forcé l’ingénierie à se concentrer sur l’optimisation des composants internes. Le passage au bloc 283 pouces cubes a nécessité une refonte complète du système de refroidissement.
Les ingénieurs ont dû concevoir un radiateur à haute efficacité capable de dissiper les calories supplémentaires générées par l’augmentation de la compression.
La tringlerie de boîte a également été renforcée pour encaisser le couple supérieur du nouveau V8, tout en conservant une souplesse de passage de rapports.
Le développement de l’injection mécanique Rochester Ramjet a été le véritable défi de conception de 1957. Conçue à l’origine pour la Corvette, cette technologie a dû être « assagie » pour une utilisation quotidienne sur une berline de grande série.
Les ingénieurs ont passé des mois à stabiliser le ralenti et à s’assurer que le système ne souffre pas de « vapor lock » lors des redémarrages à chaud. Cette prouesse technique a marqué l’apogée de l’ingénierie mécanique pure.
La conception a également porté sur l’acoustique. Pour la première fois, Chevrolet a utilisé des matériaux isolants composites au niveau du tablier avant pour isoler l’habitacle des vibrations du V8.
Les supports moteur ont été redessis avec des silentblocs à densité variable, permettant d’absorber les chocs à bas régime tout en maintenant la rigidité nécessaire lors des fortes accélérations. Ce souci du détail a permis à la Bel Air de rivaliser avec des véhicules de catégories nettement supérieures.
Enfin, la conception du châssis a bénéficié d’une optimisation des soudures sur les points de torsion. Bien que la base soit celle de 1955, l’ajout de renforts transversaux au niveau de la transmission a permis d’améliorer la rigidité structurelle globale de 15 %.
Cette amélioration était cruciale pour les modèles Hardtop, dont l’absence de montants centraux fragilisait traditionnellement la caisse. Cette approche incrémentale de l’ingénierie a fait de la 1957 la « Tri-Five » la plus rigide et la mieux finie de la lignée.
Design : Analyse esthétique et conception du « Jet Age »
Le design de la Bel Air 1957 est une célébration de l’ère spatiale, une discipline alors appelée « Jet Age styling ».
La calandre avant, inspirée par les entrées d’air des avions de chasse, est imposante, protégeant l’ensemble du museau. Elle est surmontée de deux « fusées » de capot (wind splits) qui étirent le regard vers l’horizon, symbolisant la vitesse et le progrès technologique constant de l’Amérique de l’époque.
L’utilisation du chrome n’est pas ici une simple décoration, mais un élément structurel de l’identité visuelle du véhicule. Les pare-chocs massifs s’intègrent harmonieusement aux lignes des ailes, créant une unité stylistique rare.
Chaque reflet a été étudié pour mettre en valeur les courbes complexes de la carrosserie. L’aluminium anodisé or, réservé aux finitions Bel Air, ajoutait une touche de prestige inédite dans cette gamme de prix, créant un contraste saisissant.
Le travail sur les volumes arrière est un cas d’école. Les ailerons ne sont pas de simples appendices ; ils prolongent la ligne de ceinture de caisse pour stabiliser visuellement la voiture.
L’intégration de l’aluminium brossé sur les flancs arrière (ribbed panels) n’est pas qu’un apparat. Cette texture capte la lumière différemment du reste de la carrosserie, créant une illusion de vitesse même à l’arrêt.
C’est cette science des reflets qui donne à la 1957 son aura quasi mystique.
L’habitacle a été conçu comme le poste de pilotage d’un avion civil. Le volant de grand diamètre, avec son moyeu chromé et son cerclage de klaxon, évoque les commandes d’un liner de la Pan Am.
Les tissus intérieurs ont été sélectionnés pour leur résistance à la décoloration sous le soleil californien tout en offrant un aspect soyeux. La transition visuelle entre le tableau de bord peint et les panneaux de portes recouverts de vinyle gaufré est fluide, créant une continuité esthétique totale.
Les designers ont également porté une attention particulière aux détails de signalisation. Les feux arrière, en forme de demi-lune, sont encastrés dans des logements chromés qui font écho aux tuyères de réacteurs.
Même les enjoliveurs de roues, avec leurs centres étoilés, rappellent les gyroscopes de navigation. Cette cohérence thématique absolue, où chaque millimètre carré de la voiture répond à l’imaginaire de la conquête spatiale, explique pourquoi le design de la 1957 est resté gravé dans l’inconscient collectif.
Anecdotes sur la conception et le design : Les secrets de l’icône
L’astuce thermique : Les entrées d’air du système de chauffage sont astucieusement dissimulées dans les supports de phares. Pourquoi ?
Pour éviter de percer des louvres sur le capot, ce qui aurait « brisé » la réflexion parfaite du ciel sur le chrome des fusées.
La guerre des centimètres : Ed Cole a insisté pour que les ailerons arrière soient augmentés de 2,5 cm à la dernière minute. Il craignait que la Plymouth 1957 ne paraisse « plus longue ». Résultat : une silhouette qui semble étirée à l’infini.
L’illusion symétrique : Le tableau de bord a été conçu pour être entièrement symétrique. Cela permettait d’installer le volant à droite sans avoir à refabriquer des moules de planche de bord coûteux pour les marchés d’exportation.
Le V d’or : L’emblème « V » doré n’était pas un choix marketing aléatoire. Il était plaqué d’une fine couche d’or 24 carats sur les premiers modèles de salon pour souligner l’arrivée de l’injection. Sur les modèles de série, l’aluminium anodisé or a pris le relais.
Le plein invisible : Le bouchon de remplissage d’essence est dissimulé derrière une moulure chromée pivotante à l’extrémité de l’aileron arrière gauche. Les pompistes des années 50 cherchaient souvent l’orifice pendant plusieurs minutes !
Le Nomad hybride : La version « Nomad » utilisait les portières du cabriolet. C’est ce détail technique qui lui donne ses montants de vitres inclinés si caractéristiques, car les cadres de fenêtres devaient s’adapter à une ligne de caisse initialement prévue pour être sans toit.
Anecdote Cinéma : Sur le tournage du film American Graffiti (1973), George Lucas a insisté pour que les voitures soient impeccables. La Bel Air ’57 de Bob Falfa était initialement prévue pour être une 1955, mais Lucas a jugé que la 1957 avait une « présence » plus menaçante.
Le Jack Rabbit Slim’s : Dans Pulp Fiction, la Bel Air servant de table a été découpée dans une véritable épave. Quentin Tarantino a insisté pour que le chrome soit repoli à la main pour que les reflets sur le visage d’Uma Thurman soient parfaits.

Données Techniques
Le cœur de la Chevrolet Bel Air 1957 réside dans son iconique moteur V8 Turbo-Fire, dont la cylindrée a été portée à 4,6 litres (283 pouces cubes).
Ce bloc en fonte développe une puissance allant de 185 chevaux en version standard à 283 chevaux avec l’injection mécanique Rochester.
Cette motorisation a révolutionné le segment par son rapport poids/puissance exceptionnel, offrant pour la première fois dans l’histoire américaine « un cheval par pouce cube ».
Pour les puristes, les données techniques révèlent une précision d’ingénierie remarquable : l’alésage est de 3,875 pouces pour une course de 3,00 pouces.
Le taux de compression, variant de 8.5:1 à 10.5:1 selon les versions, permettait une exploitation optimale des carburants de l’époque. Le moteur à injection (Fuel Injection) utilisait un système haute pression innovant, augmentant le couple à 2,8 Newton-mètres (Nm)i à 4 400 tr/min, une valeur phénoménale.
En termes de transmission, la voiture proposait la boîte automatique Powerglide à deux rapports ou une boîte manuelle à trois rapports. La consommation réelle s’établit en moyenne autour de 18 à 22 litres aux 100 kilomètres.
Les dimensions hors-tout affichent une longueur imposante de 5,08 mètres pour une largeur de 1,88 mètre, avec un empattement de 2,92 mètres assurant une stabilité impériale.
Le poids à vide oscille entre 1 480 kg pour le coupé et près de 1 600 kg pour le cabriolet renforcé. Les pneumatiques d’origine, des 7.50-14 à flancs blancs, étaient montés sur des jantes en acier. La vitesse maximale théorique pointait à 165 km/h pour les versions les plus puissantes. L’architecture moteur permet un accès aisé pour l’entretien courant, les bougies étant idéalement placées.
Ingénierie et Solutions Mécaniques d’Époque
L’ingénierie de la Bel Air 1957 repose sur un châssis en échelle traditionnel (« Boxed Frame »), offrant une rigidité suffisante pour supporter les carrosseries Hardtop.
La suspension avant utilise des bras triangulés avec ressorts hélicoïdaux, tandis que l’arrière reste fidèle aux ressorts à lames semi-elliptiques déportés à l’extérieur du châssis (« Outrigger mounted »). Cette configuration assure un confort de roulement souple, gommant les imperfections de la route.
L’ingénierie se distingue également par l’adoption de solutions facilitant la maintenance, comme l’accès direct au distributeur. Le système de refroidissement par flux croisés permettait de dissiper la chaleur générée par le nouveau V8.
L’utilisation de roulements à billes de haute précision pour le train avant améliorait la longévité de la direction. Un autre point fort réside dans l’intégration du système de chauffage et de ventilation « All-Season » à commande à dépression.
Analyse de la préservation mécanique sur 5 ans
La préservation d’une Chevrolet Bel Air 1957 sur un cycle de cinq ans nécessite une approche rigoureuse et proactive. Le moteur V8 283, bien que robuste, est particulièrement sensible à la qualité des fluides.
L’utilisation d’huiles modernes sans additifs peut entraîner une usure prématurée de l’arbre à cames ; l’ajout de zinc (ZDDP) est donc une obligation contractuelle pour tout propriétaire sérieux.
Un rinçage complet du circuit de refroidissement tous les 24 mois est indispensable pour prévenir la formation de boues corrosives dans les galeries du bloc en fonte.
Sur le plan de la transmission, la boîte Powerglide nécessite une surveillance de l’étanchéité des joints spi, qui ont tendance à sécher avec le temps.
Un remplacement de l’huile de transmission et du filtre tous les cinq ans, même avec un faible kilométrage, garantit des passages de rapports fluides.
Pour les modèles équipés de l’injection Rochester, un cycle de cinq ans implique souvent une révision complète du doseur de carburant par un spécialiste, une opération coûteuse mais vitale pour éviter les fuites d’essence sur l’admission chaude.
La carrosserie et les chromes représentent le plus gros défi de préservation. Même dans un garage chauffé, l’humidité résiduelle peut attaquer les recoins des ailes arrière.
Une inspection annuelle des drains de bas de caisse et l’application d’une cire pour corps creux tous les trois ans sont recommandées.
Sur cinq ans, le budget moyen d’entretien courant, incluant les consommables, le réglage de l’allumage et la lubrification des 22 points de graissage du châssis, s’élève à environ 4 500 € ($ 4,900 / 4,300 CHF).
Il est également crucial de surveiller l’état des silentblocs de suspension et des silentblocs de caisse. Le caoutchouc des années cinquante a tendance à se désagréger, ce qui entraîne une dégradation progressive de la tenue de route et l’apparition de bruits parasites.
Une inspection quinquennale détaillée du train roulant permet d’anticiper ces remplacements avant qu’ils ne compromettent la sécurité ou le plaisir de conduite.
Critiques et points de vigilance
Le point noir absolu est la corrosion structurelle. Les zones de rétention d’eau, comme les bas de caisse, les supports de phares et le plancher du coffre, doivent être inspectées.
La conception des ailes arrière, avec leur double paroi, crée un piège à humidité où la rouille se développe de l’intérieur vers l’extérieur, souvent invisible jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Au-delà de la carrosserie, la complexité du système d’injection Rochester Ramjet constitue un point de vigilance majeur. Si cette technologie est une prouesse pour 1957, elle s’avère aujourd’hui capricieuse.
Les membranes internes se dessèchent, et les pompes haute pression supportent mal les carburants modernes sans plomb, ce qui peut provoquer des ratés d’allumage ou des risques d’incendie moteur par fuite. Le réglage de ce système demande un outillage spécifique et une expertise rare.
Le système électrique d’origine montre ses limites dès que l’on sollicite les accessoires de confort. La dynamo d’origine peine à recharger la batterie lors de trajets nocturnes avec les phares et la ventilation activés.
Il n’est pas rare de constater des chutes de tension importantes, affectant l’intensité lumineuse du tableau de bord et la vitesse des essuie-glaces. Pour un usage régulier, l’installation d’un alternateur moderne dissimulé est une modification souvent nécessaire.
Le comportement routier est un autre point de critique récurrent. La direction assistée offre une assistance si prononcée qu’elle prive le conducteur de toute sensation de contact avec la route.
À haute vitesse, la voiture a tendance à « flotter », nécessitant des corrections constantes au volant. Les ressorts à lames arrière, s’ils sont fatigués, accentuent le phénomène de pompage sur les routes bosselées, rendant la tenue de cap aléatoire.
Enfin, l’étanchéité de l’habitacle sur les versions Sport Coupe et Convertible est souvent défaillante. Les joints de vitres complexes finissent par durcir.
Cela génère des bruits d’air insupportables au-delà de 90 km/h et des infiltrations d’eau qui finissent par stagner sous les tapis de sol, favorisant la corrosion perforante des planchers par l’intérieur. Il est impératif de vérifier l’état des évacuations d’eau au bas des portières.
Décoder l’ADN d’une Icône
L’acquisition d’une Chevrolet Bel Air 1957 à haut budget ne doit jamais reposer sur la seule esthétique. Pour sécuriser votre investissement, vous devez apprendre à lire la « carte d’identité » du véhicule, dissimulée sur la plaque de carrosserie (Cowl Tag) située sur le tablier moteur, côté passager.
Cette petite plaque d’aluminium est le juge de paix : elle révèle si la voiture que vous admirez est née dans cette configuration ou s’il s’agit d’un assemblage hétéroclite de pièces détachées.
En 2026, avec la prolifération des répliques de haute qualité, savoir décoder cet ADN est la seule barrière contre la fraude.
Le premier élément à vérifier sur le Cowl Tag est le code de peinture (PAINT). Si vous examinez une Bel Air éclatante en « Matador Red » (Code 802) mais que la plaque indique « Larkspur Blue » (Code 793), la valeur intrinsèque de l’actif chute immédiatement de 20 %.
De même, le code TRIM définit l’harmonie intérieure. Une véritable Bel Air doit présenter des codes de garnitures spécifiques, souvent bicolores, utilisant des tissus « Jacquard » à motifs de points argentés. Une erreur ici trahit souvent une restauration « cosmétique » réalisée à partir d’une carrosserie de modèle inférieur.
L’authentification mécanique est le second pilier de cette expertise. Le numéro de série du moteur (Engine Suffix Code) doit impérativement correspondre à la date de fabrication du châssis.
Pour les versions les plus prisées, comme le V8 283 à injection, cherchez le suffixe « EK » (version 283 ch manuelle) ou « EL » (version 250 ch Powerglide). Si ces lettres manquent ou semblent avoir été refrappées, vous n’êtes pas face à une « Fuelie » d’origine.
La différence de valeur boursière entre une injection d’origine et une conversion ultérieure peut dépasser les 50 000 € ($ 54,000 / 48,000 CHF).
Il est également impératif de se pencher sur le numéro de châssis (VIN) situé sur le montant de la porte conducteur. Le premier caractère doit être un « V » pour indiquer un moteur V8 d’origine.
Le second caractère est une lettre désignant la série : un « C » confirme qu’il s’agit bien d’une Bel Air (Série 2400). Un « A » ou un « B » indiquerait une One-Fifty ou une Two-Ten « maquillée ». En 2026, les experts utilisent désormais des scanners thermiques pour vérifier que les soudures de cette plaque sont d’époque et n’ont pas été manipulées.
Le décodage de l’ADN s’étend aux composants de fonderie (Casting Dates). Chaque pièce majeure — bloc moteur, culasses, cloche de boîte, pont arrière — possède une date coulée dans le métal. Pour qu’une voiture soit considérée comme « Matching Numbers », ces dates doivent être antérieures à la date d’assemblage final du véhicule, généralement de deux à six semaines.
Une culasse datée de novembre 1957 sur une voiture assemblée en février 1957 est la preuve irréfutable d’un remplacement moteur, ce qui invalide le statut de collectionneur pur.
Enfin, la plaque d’identification indique également l’usine d’assemblage. Un code commençant par « F » indique Flint, Michigan, tandis qu’un « S » désigne St. Louis.
Les puristes recherchent souvent les exemplaires de Flint, réputés pour une finition légèrement supérieure sur les ajustements de chromes. Vérifier ces détails, c’est s’assurer que l’objet que vous achetez possède une généalogie limpide, garantissant ainsi une liquidité maximale lors d’une revente sur les places boursières internationales comme RM Sotheby’s ou Barrett-Jackson.
Pour conclure ce guide d’authentification, gardez à l’esprit que les accessoires d’époque influent aussi sur l’ADN. Un autoradio « Wonderbar » (Code 398) ou un système de direction assistée (Code 324) doivent être cohérents avec la liste des options d’usine.
Dans le marché ultra-compétitif de 2026, la perfection documentaire est devenue aussi valorisée que la perfection mécanique. Une Bel Air 1957 n’est pas qu’une voiture ; c’est une base de données historique roulante dont chaque octet — ou chaque rivet — doit être certifié.
Expertise marché et analyse de la valeur
L’analyse financière s’appuie sur les données de Classic.com, véritable terminal Bloomberg de l’automobile d’exception. Cet agrégateur de référence compile en temps réel les indices de performance et les adjudications issues des plus grandes maisons de vente mondiales (Mecum, RM Sotheby’s, Barrett-Jackson).
WWW.classic.com/m/chevrolet/bel-air/year-1957/
Le « Market Benchmark » actuel pour une Chevrolet Bel Air 1957 en état « Concours » (Grade A+) s’établit avec une solidité déconcertante.
Les transactions récentes indiquent un prix moyen de 82 000 € ($ 89,000 / 79,000 CHF) pour les coupés sans montants (Sport Coupe). Cette valeur sert de socle à toute l’analyse boursière du modèle.
L’examen des courbes de prix sur les dix dernières années révèle une progression de 45 % sur la décennie. Contrairement aux modèles spéculatifs, la Bel Air 1957 progresse par paliers successifs.
Un point d’attention majeur concerne les modèles « Fuel Injected », agissant comme des « Blue Chips » boursières avec des adjudications dépassant régulièrement les 175 000 € ($ 190,000 / 168,000 CHF).
La perspective d’évolution à 5 ans est résolument optimiste, avec une croissance estimée à 18 %. Le coût de restauration dépassant souvent la valeur vénale, les exemplaires déjà restaurés vont continuer de voir leur prix s’envoler.
Il est impératif de noter que l’écart de prix entre les USA et l’Europe est structurel : une Bel Air affichée à 70 000 $ se négociera fatalement autour de 85 000 € une fois importée et homologuée.
Analyse IDEFIX US MOTORS
La Chevrolet Bel Air 1957 représente l’investissement « Plaisir-Sécurité » par excellence. Elle parvient à l’équilibre parfait entre une esthétique flamboyante et une simplicité mécanique qui rassure l’investisseur. Acheter une Bel Air 1957, c’est acquérir un morceau de l’histoire industrielle des États-Unis au sommet de sa gloire.
D’un point de vue purement financier, la Bel Air ’57 se comporte comme une valeur refuge au sein du marché des « Collectibles ». Sa résilience face aux crises économiques est remarquable : alors que certains segments de niche s’effondrent, la ’57 conserve son socle de collectionneurs fidèles.
Cela s’explique par son statut iconique qui dépasse le cadre automobile pour entrer dans celui de l’objet d’art pop-culturel. L’analyse des flux de transactions montre une demande constante provenant non seulement des États-Unis, mais aussi d’Asie et d’Europe du Nord.
La stratégie d’acquisition doit cependant être guidée par la sélectivité. Chez Idefix Us Motors, nous constatons que la plus-value se concentre désormais sur les véhicules « Survivor » ou les restaurations de type « Frame-off » documentées.
Un exemplaire dont l’historique de propriété est limpide se négociera avec une prime de 15 % à 20 % par rapport à un modèle anonyme. L’investisseur doit également intégrer le coût de l’assurance spécifique et du stockage en atmosphère contrôlée.
Sur le plan technique, nous recommandons de privilégier les modèles équipés du moteur 283 en version carburateur quadruple corps pour un investissement destiné à rouler.
Si le « Fuelie » est le graal financier, sa maintenance est un défi qui peut éroder la rentabilité globale de l’actif. À l’inverse, un modèle Powerglide bien entretenu offre une sérénité d’utilisation qui facilite la revente ultérieure auprès d’un public plus large.
En conclusion, la Chevrolet Bel Air 1957 est un actif tangible qui combine une volatilité faible et un potentiel de jouissance esthétique immédiat.
Elle constitue un socle idéal pour tout portefeuille de véhicules d’époque. Pour optimiser votre rendement, l’achat doit se porter sur des combinaisons de couleurs recherchées, comme le « Matador Red » ou le « Tropical Turquoise ».
Une Bel Air n’est pas seulement une dépense ; c’est un transfert de capital vers un objet dont la rareté et le désir ne feront qu’augmenter.

Liens Externes
- WWW.classic.com/m/chevrolet/bel-air/year-1957/ (Valeurs boursières mondiales)
- WWW.trifive.com (Forum technique mondial Tri-Five)
- WWW.chevy-wiki.com/1957_Chevrolet (Options et codes peinture précis)
- WWW.barrett-jackson.com/Archive/Event/Item/1957-CHEVROLET-BEL-AIR-CONVERTIBLE-261234 (Résultat d’enchère record)
- WWW.hemmings.com/stories/1957-chevrolet-bel-air-buyers-guide (Guide d’achat complet)
- WWW.chevrolet.com/performance-parts/heritage (Archives officielles GM Heritage)
- WWW.oldcarsweekly.com/car-of-the-week/car-of-the-week-1957-chevrolet-bel-air (Analyse historique US)
- WWW.mecum.com/results/1957-chevrolet-bel-air/ (Historique des ventes aux enchères US)
- WWW.ffve.org (Fédération Française des Véhicules d’Époque)
- WWW.zwischengas.com (Archives techniques suisses)
Bibliographie
- Chevrolet 1955-1957, Michael Lamm, Lamm-Morada Publishing, 1991, 160 p.
- The Classic Chevy Two-Eighty-Three, Robert Genat, MBI Publishing, 2002, 128 p.
- Standard Catalog of Chevrolet 1912-2003, John Gunnell, Krause Publications, 2011, 400 p.
- Chevrolet : La passion des chromes, Jean-Marc Teissèdre, Éditions ETAI, 2005, 192 p.
- L’âge d’or du design US, Marc-Antoine Colin, Éditions de la Martinière, 2021, 256 p.
- Tri-Five Chevys: Building & Modifying, Patrick Hill, CarTech, 2013, 144 p.
- Chevrolet 1957: The Year of the Car, Anthony Young, Motorbooks, 1997, 128 p.
- Original Chevrolet: 1955-1957, Robert J. Headrick Jr., Motorbooks, 2001, 128 p.
- Bel Air: The Golden Era, Terry V. Boyce, HP Books, 1985, 144 p.
- Guide d’achat : Les Tri-Five Chevrolet, Revue Rétroviseur n°342, 2018, 12 p.
- 1957 Chevrolet: The Classic American Icon, Jerry Heasley, Publications International, 1993, 160 p.
- Chevrolet 1957: Restoration Guide, Robert J. Headrick, Motorbooks International, 1992, 128 p.
- The Great American 1957 Chevrolet, Doug Mitchel, Krause Publications, 1999, 144 p.
- Tri-Five Chevrolet Data and ID Guide, Patrick Hill, CarTech Inc, 2015, 160 p.