Présentation du modèle et contexte de marché
La Duesenberg SJ « Twenty Grand » de 1933 ne représente pas seulement une automobile ; elle incarne le défi ultime lancé à la Grande Dépression.
En pleine crise économique, alors que l’Amérique doutait de son avenir et que les files d’attente pour la soupe populaire s’allongeaient dans les rues de New York et Chicago, la firme d’Indianapolis et le carrossier Rollston ont créé un monument à la gloire de l’excès.
Ce modèle unique, conçu spécifiquement pour l’Exposition Universelle de Chicago « A Century of Progress », tire son nom de son prix stratosphérique de 18 400 € / 20 000 $ / 17 800 CHF à l’époque, une fortune équivalente à plus de 500 000 $ en pouvoir d’achat actuel.
Elle est l’ancêtre qui a prouvé que le luxe ne connaît pas de récession, s’imposant comme la voiture la plus chère, la plus rapide et la plus puissante produite aux États-Unis à cette période charnière de l’histoire industrielle.
Cette voiture était un message politique et social : la preuve que le génie américain pouvait encore produire l’impossible malgré l’effondrement des banques.
Sa rareté absolue — un seul exemplaire au monde — la place aujourd’hui hors de portée des indices classiques du marché de l’occasion, la transformant en une relique sacrée de la culture mécanique mondiale.
Le positionnement boursier de la « Twenty Grand » est celui d’un actif souverain, comparable à une œuvre majeure de la Renaissance ou à un diamant de couronne.
Contrairement aux modèles Model J produits en plus grand nombre (environ 481 unités), cette version SJ (Supercharged) dotée de sa carrosserie « Arlington Torpedo » est une anomalie statistique et financière.
Elle n’est pas sujette aux fluctuations du marché des voitures de collection traditionnel, car elle n’a pas de comparables directs ; elle appartient à la catégorie très fermée des « Blue Chips » automobiles, au même titre qu’une Bugatti Royale ou une Ferrari 250 GTO de provenance historique.
Sa valeur estimée dépasse aujourd’hui les 45 000 000 € / 50 000 000 $ / 43 500 000 CHF. Pour un investisseur de haute volée, posséder un tel véhicule n’est pas une question de rendement annuel ou de dividendes, mais une stratégie de conservation de patrimoine historique et de prestige social.
C’est un actif refuge qui, par sa visibilité mondiale dans des collections de prestige comme celle de Nethercutt, garantit une aura de puissance financière inégalée à son détenteur.
Dans un monde où les monnaies fluctuent, la Twenty Grand reste une étalon-or inaltérable de la réussite humaine, attirant les capitaux les plus solides de la planète lors de transactions souvent privées et confidentielles.
Conception
L’histoire de la genèse de la Duesenberg SJ Twenty Grand est un récit de résilience industrielle et de génie créatif sans aucun équivalent dans les annales du Michigan.
En 1933, sous l’impulsion visionnaire d’E.L. Cord, la marque cherche à démontrer au monde entier qu’elle reste, malgré la crise, « The World’s Finest Motor Car ». Le projet naît de la volonté farouche de créer une vitrine technologique et stylistique pour l’Exposition de Chicago, un événement censé célébrer un siècle de progrès technique.
Le châssis SJ, fleuron absolu de la gamme avec son compresseur centrifuge rugissant, est envoyé avec une attention maniaque chez Rollston à New York.
Là, sous la direction stylistique du légendaire Gordon Buehrig, les artisans façonnent une carrosserie fermée qui rompt radicalement avec les standards esthétiques de l’époque.
La conception repose sur une structure « Arlington Torpedo » qui fluidifie les lignes tout en conservant une stature imposante, presque intimidante. Ce processus de fabrication, fusionnant la puissance brute d’Indianapolis à l’élégance artisanale sophistiquée de New York, a nécessité des milliers d’heures de travail manuel intense.
Chaque panneau de carrosserie a été ajusté au millimètre près, sans l’aide de presses hydrauliques modernes, pour offrir une finition dont la perfection reste, encore aujourd’hui, un mystère pour les restaurateurs contemporains.
Chaque étape de la conception visait l’excellence absolue, sans aucun égard pour le coût de revient ou les contraintes de temps. La Twenty Grand a été pensée comme un pont technologique entre le monde de l’aviation de luxe et celui de l’automobile de prestige, utilisant des alliages et des techniques de pointe pour l’époque.
La structure en acier du châssis en « échelle » a été renforcée pour supporter le poids colossal de la carrosserie tout en permettant une agilité surprenante pour un véhicule de cette taille.
Le développement de la Twenty Grand est le témoignage d’une époque révolue où l’ingénierie américaine ne reculait devant aucun obstacle pour affirmer sa suprématie sur ses concurrents européens comme Rolls-Royce ou Hispano-Suiza.
Pour le collectionneur moderne, comprendre cette conception, c’est toucher du doigt l’âge d’or de la carrosserie personnalisée, où chaque véhicule était une pièce unique, une extension de la personnalité de son créateur et de son propriétaire.
C’est une architecture qui vulgarise le concept de « bespoke » (sur mesure) poussé à son paroxysme, où même les vis cachées recevaient un traitement de finition. Cette voiture n’a pas été assemblée ; elle a été sculptée par des mains expertes pour devenir le symbole vivant d’une industrie qui refusait de mourir, transformant le métal froid en une icône de la pérennité américaine.
Design
Le design de la Twenty Grand est une ode à la sophistication géométrique et à l’épure, vulgarisant le concept d’aérodynamisme luxueux bien avant que les souffleries ne dictent les formes automobiles.
Gordon Buehrig a dessiné une ligne « Torpedo » qui semble allonger le véhicule à l’infini, créant une impression de mouvement même à l’arrêt total. L’utilisation massive d’aluminium pour les panneaux de carrosserie et l’intégration de chromes étincelants sur la calandre verticale et les tuyaux d’échappement extérieurs flexibles (caractères distinctifs de la version suralimentée SJ) créent un contraste visuel saisissant avec la peinture argentée.
Le toit est recouvert d’un cuir noir grainé, contrastant magnifiquement avec la teinte « Platinum » originale, une combinaison qui évoque la modernité industrielle et le chic urbain des années 30.
À l’intérieur, le design se fait encore plus exclusif : on y trouve des bois de ronce de noyer, des cadrans en argent massif et un compartiment passager arrière doté de son propre tachymètre et d’une montre de bord, permettant aux occupants de surveiller la performance du chauffeur avec une précision d’horloger.
L’esthétique de Rollston apporte une finesse qui sublime la puissance brute de la mécanique Duesenberg. Les ailes enveloppantes et la ligne de caisse exceptionnellement haute procurent un sentiment de sécurité et de majesté aristocratique.
Chaque détail, jusqu’aux poignées de porte ciselées à la main et aux marchepieds intégrés, est une démonstration de savoir-faire artisanal. Le design ne se contente pas d’être statutaire ; il est fonctionnel, intégrant des solutions de ventilation et d’éclairage discrètes mais d’une efficacité redoutable pour l’époque.
La vulgarisation de ce style réside dans sa capacité à paraître contemporain près d’un siècle après sa création, évitant les lourdeurs ornementales souvent associées aux voitures de luxe de l’entre-deux-guerres.
Pour l’amateur de belles formes, la Twenty Grand est l’équilibre parfait entre l’agressivité mécanique et la grâce aristocratique, une œuvre d’art qui semble s’affranchir des lois du temps pour rester éternellement désirable.
C’est un design qui ne cherche pas à plaire, mais à imposer le respect, utilisant la lumière et les reflets du chrome pour souligner une silhouette qui reste, dans l’esprit collectif, la définition même de la « Grande Voiture » américaine.

Anecdotes
- Le nom marketing : Elle a été surnommée « Twenty Grand » simplement parce qu’elle était affichée à **18 400 € / 20 000 /17800CHF∗∗,unprixjugeˊobsceˋneparlepublicen1933,anneˊeouˋunevoiturepopulairecou^taitmoinsde500.
- Le moteur de course : Son moteur est si puissant qu’en 1933, elle pouvait atteindre les 160 km/h en seconde vitesse, une performance qui vulgarise le concept de « Supercar » bien avant l’apparition du terme.
- Le double tableau de bord : C’est l’une des rares voitures de l’époque à posséder des instruments de contrôle complets à l’arrière pour que les passagers puissent « surveiller » la conduite et la vitesse du chauffeur en temps réel.
- La survie miraculeuse : Après avoir été repeinte en noir et avoir changé plusieurs fois de mains dans l’obscurité du marché de l’occasion, elle a été sauvée et restaurée dans sa configuration argentée d’origine par J.B. Nethercutt en 1979 pour une somme record.
Données Techniques
Sous le capot immense et ajouré de la Twenty Grand bat un moteur 8 cylindres en ligne de 6,9 litres (420 cu in) qui est à lui seul un monument de l’histoire mécanique.
Ce bloc, chef-d’œuvre conçu par Fred Duesenberg, est équipé d’un double arbre à cames en tête (DOHC) et de quatre soupapes par cylindre, une technologie directement issue des circuits de course comme Indianapolis et vulgarisée ici pour une utilisation routière.
Dans cette version SJ, l’ajout d’un compresseur centrifuge porte la puissance à 320 chevaux, un chiffre totalement ahurissant pour 1933, époque où une Ford V8 contemporaine développait à peine 75 chevaux.
Ce moteur est un monument de fonte et d’acier, poli comme un bijou, conçu pour offrir un couple camionesque dès les plus bas régimes, permettant des reprises fulgurantes sans jamais donner l’impression de forcer, même avec un poids total approchant les trois tonnes.
La consommation réelle de ce colosse mécanique est, sans aucune surprise, proportionnelle à ses performances démesurées. Il faut compter environ 35 à 45 litres aux 100 kilomètres en conduite stabilisée, et bien plus lors des phases d’accélération où le compresseur s’enclenche.
Le réservoir généreux permet d’envisager de courtes parades prestigieuses, mais l’autonomie reste un facteur limitant pour les grands trajets historiques. La transmission est assurée par une boîte manuelle à 3 rapports non synchronisée, exigeant un double débrayage précis et viril de la part du conducteur.
Le poids total frôle les 3 000 kg, mais grâce à la puissance phénoménale du compresseur, la Twenty Grand peut atteindre une vitesse de pointe de 209 km/h, faisant d’elle l’une des voitures les plus rapides de la planète à son époque, capable de dépasser les trains les plus rapides.
Chaque accélération est accompagnée d’un sifflement caractéristique du compresseur, une symphonie mécanique qui vulgarise la puissance pure pour les passagers nichés dans leur cocon de luxe.
Ingénierie et Solutions Mécaniques d’Époque
L’ingénierie de la Duesenberg SJ est une démonstration de force brute alliée à une précision de chronomètre suisse. Le châssis en échelle est d’une rigidité exemplaire pour l’époque, conçu pour absorber les vibrations colossales du gigantesque 8 cylindres en ligne.
L’innovation majeure réside dans le système de lubrification automatique du châssis : toutes les 80 miles (environ 130 km), une pompe mécanique centrale injecte de l’huile dans tous les points de friction et de suspension, une solution qui vulgarise l’entretien pour le propriétaire fortuné.
Le système de freinage est hydraulique sur les quatre roues, doté d’une assistance réglable depuis le tableau de bord via une manette permettant de choisir entre quatre modes (sec, pluie, neige, glace), une fonctionnalité d’une modernité absolue qui permet de maîtriser l’inertie phénoménale du véhicule en toute sécurité.
Cette ingénierie ne cherchait pas la simplicité, mais l’infaillibilité, utilisant des matériaux nobles là où la concurrence se contentait d’acier brut.
Analyse de la préservation mécanique sur 5 ans
Maintenir une Duesenberg SJ « Twenty Grand » sur 5 ans relève davantage de la gestion d’un patrimoine national que d’un simple entretien automobile de collection. Le point névralgique et le plus complexe est le compresseur centrifuge ; ses pignons internes, ses roulements haute vitesse et ses joints d’étanchéité doivent être inspectés annuellement par un spécialiste agréé pour éviter toute surchauffe ou fuite d’huile interne, un service spécialisé coûtant environ 7 800 € / 8 500 $ / 7 400 CHF.
Le moteur lui-même, avec sa capacité de 12 litres d’huile spécifique riche en zinc (ZDDP), nécessite des vidanges biannuelles pour prévenir l’acidification des dépôts et la corrosion interne des coussinets, représentant un coût annuel de 1 100 € / 1 200 $ / 1 050 CHF par an.
Les fluides hydrauliques de freinage, extrêmement sensibles à l’humidité, doivent être intégralement purgés tous les deux ans pour éviter le grippage des cylindres de roue et la détérioration des joints, une opération vitale pour la sécurité d’un tel investissement mobile.
Sur une période de 5 ans, il est impératif de surveiller l’état des pneus à flancs blancs de 19 pouces, dont la structure peut se déformer ou se craqueler sous le poids statique immense de la voiture (environ 2 300 € / 2 500 $ / 2 200 CHF le jeu complet pour un modèle de concours).
Le système de lubrification automatique doit être testé sous pression régulièrement pour s’assurer qu’aucun conduit n’est obstrué par de la graisse ancienne séchée, ce qui causerait une usure irrémédiable des pivots.
La révision complète du système d’allumage double et des trois carburateurs Schebler est également conseillée tous les trois ans pour garantir un démarrage à froid sans faille et une combustion parfaite (prévoir 4 600 € / 5 000 $/ 4 400 CHF). Au total, le budget de maintien préventif sur une période de 5 ans oscille entre 23 000 € / 25 000$ / 22 000 CHF et 37 000 € / 40 000 $ / 35 000 CHF, un montant qui peut paraître élevé mais qui reste dérisoire face à la valorisation de l’actif.
C’est le prix de l’excellence pour préserver l’intégrité de cette pièce unique et éviter une restauration lourde dont les coûts de main-d’œuvre et de refabrication de pièces seraient astronomiques.
Critiques et points de vigilance
Malgré son statut de légende intouchable, la Twenty Grand possède des points de vigilance que tout expert et acheteur potentiel doit souligner avec rigueur.
Le principal défaut réside dans la complexité de son système de freinage assisté ; si la pompe à vide ou les valves de réglage spécifiques faiblissent, arrêter ce monstre de trois tonnes lancé à haute vitesse devient un défi physique dangereux, même pour un conducteur aguerri.
La corrosion, bien que rare sur un modèle de ce pedigree souvent stocké dans des conditions muséales, peut sournoisement s’attaquer aux supports de carrosserie en bois (structure composite acier-bois typique des années 30), ce qui nécessite un environnement de stockage à hygrométrie contrôlée.
Un point de contrôle impératif concerne le compresseur : un sifflement anormal, des vibrations ou une perte de pression signifie souvent une usure des pignons internes, une pièce impossible à trouver en stock et qui nécessite une refabrication sur mesure par des ateliers de mécanique de précision.
Un autre aspect critique est la maniabilité à basse vitesse et lors des manœuvres de stationnement. Sans direction assistée, manœuvrer la Twenty Grand demande une force considérable, ce qui peut solliciter excessivement le boîtier de direction original et les pivots de fusée.
Il faut également être extrêmement attentif aux fuites d’huile au niveau du joint de carter arrière, un défaut récurrent sur les moteurs de cette architecture qui peut polluer l’embrayage.
Enfin, l’instrumentation du tableau de bord est d’une fragilité extrême ; la réparation d’un seul cadran d’époque, avec ses mécanismes internes complexes, peut coûter plusieurs milliers d’euros. Acheter ou entretenir une telle machine, c’est accepter de naviguer dans un monde où la moindre pièce défectueuse devient un projet de recherche et développement.
La vigilance doit être totale, car la Twenty Grand ne tolère aucune approximation mécanique ; chaque détail doit être conforme aux plans d’origine pour ne pas dénaturer l’authenticité d’un véhicule qui fait partie du patrimoine mondial de l’automobile.
Expertise marché et analyse de la valeur
L’analyse financière qui suit s’appuie sur les données de Classic.com, véritable terminal Bloomberg de l’automobile d’exception.
Cet agrégateur de référence compile en temps réel les indices de performance et les adjudications issues des plus grandes maisons de vente mondiales, notamment Mecum Auctions, Barrett-Jackson, Bring a Trailer, RM Sotheby’s, Bonhams, Gooding & Company, ainsi que PCARMARKET et Cars & Bids.
WWW.classic.com/m/duesenberg/model-j/sj/year-1933/
Analyse boursière en direct
Le « Market Benchmark » pour une Duesenberg SJ (tous modèles confondus) montre une résilience hors du commun face aux crises économiques mondiales.
Bien que la « Twenty Grand » soit un exemplaire unique, le marché des SJ de 1933 se situe actuellement dans une zone de 3 500 000 € / 3 800 000 $ / 3 300 000 CHF pour des carrosseries standard ou moins exclusives. Pour un modèle unique comme la Twenty Grand, la valeur quitte la sphère purement automobile pour entrer dans celle des beaux-arts et des antiquités majeures.
Les transactions privées récentes pour des modèles de rareté équivalente suggèrent une valorisation plancher de 45 000 000 € / 50 000 000 $ / 43 500 000 CHF, avec une tendance à la hausse marquée par la demande insatiable des nouveaux marchés asiatiques et du Moyen-Orient pour les « Crown Jewels » de l’industrie occidentale.
Cette valorisation est soutenue par un ratio de désirabilité qui dépasse l’entendement : il n’existe qu’une seule « Twenty Grand » sur la planète, ce qui annule toute loi de l’offre et de la demande au profit d’une enchère émotionnelle pure.
Les investisseurs institutionnels considèrent désormais ce véhicule comme une classe d’actifs à part entière, capable de servir de couverture contre la volatilité des marchés financiers traditionnels.
La liquidité d’un tel actif est paradoxalement élevée, car les acheteurs potentiels, triés sur le volet, attendent souvent des décennies une opportunité de transfert de propriété. En somme, la Twenty Grand n’est pas seulement une voiture, c’est un coffre-fort roulant dont la combinaison historique est unique au monde, garantissant une pérennité financière absolue à son détenteur.
Évolution de la valeur sur 10 ans
L’indice de performance historique de la Twenty Grand est l’un des plus impressionnants de toute l’histoire de la collection automobile. En 1979, elle a été acquise par J.B. Nethercutt pour la somme alors record de 120 000 € / 130 000 $ / 115 000 CHF, ce qui était déjà jugé comme un sommet.
En dix ans, la valeur des Duesenberg de rang « Best of Show » à Pebble Beach a été multipliée par cinq, et pour cet exemplaire unique, l’appréciation est exponentielle. La courbe est constante, ignorant totalement les crises financières de 2008 et 2020.
Cela s’explique par le fait que ces véhicules ne sont plus considérés comme des voitures de transport, mais comme des réserves de valeur inaltérables, au même titre que l’or physique. La rareté physique absolue garantit qu’il n’y a jamais de pression à la baisse due à une offre excédentaire.
Chaque décennie qui passe transforme ce métal en un mythe plus profond, attirant des capitaux qui cherchent non seulement la sécurité, mais aussi l’immortalité historique.
L’analyse des courbes de Classic.com montre que le segment des « Hyper-Collectibles » ne connaît pas de plafond de verre, car la concentration de la richesse mondiale sur les objets uniques crée une surenchère mécanique.
La Twenty Grand est devenue le mètre étalon de la réussite en collection, un actif qui ne se déprécie jamais, car son histoire est déjà écrite et ses lauriers sont définitifs.
Perspective d’évolution des prix (Projection 5 ans)
Pour les 5 prochaines années, nous projetons une appréciation de 20 à 25% de la valeur plancher. Avec la transition globale vers l’électrique, les icônes absolues de l’ère de la combustion interne comme la SJ Twenty Grand deviennent des reliques encore plus précieuses et vénérées.
Elle représente l’investissement « Plaisir » ultime qui surpasse systématiquement les indices boursiers classiques comme le S&P 500 sur le long terme. D’ici 2031, si elle venait à être présentée en vente publique (ce qui est peu probable car elle est le joyau de la Nethercutt Collection), elle pourrait établir un nouveau record mondial absolu pour une voiture américaine.
Sa valeur est intrinsèquement liée à sa place indétrônable dans l’histoire culturelle et industrielle des États-Unis, la protégeant de toute forme d’obsolescence technologique ou de désintérêt du marché.
Cette projection s’appuie sur l’émergence de nouveaux fonds d’investissement dédiés aux actifs tangibles historiques, qui voient dans la Duesenberg SJ une opportunité de diversification sans risque de perte en capital.
Note de l’Expert sur les Écarts
Il existe un écart de valorisation de 30% en faveur des modèles restés sur le sol américain (Classic.com) par rapport aux estimations européennes plus prudentes. La Duesenberg est l’équivalent national de la Tour Eiffel ou de Big Ben pour les Américains ; elle incarne leur fierté industrielle.
Cet attachement patriotique viscéral crée une prime de rareté locale. De plus, les frais de logistique sécurisée, de douane et les assurances astronomiques pour déplacer un tel monument vers l’Europe ajoutent un coût transactionnel massif.
En Europe, la Twenty Grand est admirée pour son design, mais aux États-Unis, elle est vénérée comme le symbole de la victoire de l’ingénierie américaine sur la Grande Dépression, ce qui justifie les enchères records et passionnées observées outre-Atlantique.
Analyse IDEFIX US MOTORS
La Duesenberg SJ « Twenty Grand » 1933 est, selon notre analyse éditoriale, la quintessence absolue de l’automobile de collection et le sommet de la pyramide du prestige mécanique. Elle est le point de rencontre parfait entre une puissance dévastatrice issue de la course et une élégance aristocratique façonnée à la main.
Bien que ses coûts de maintenance soient élevés et sa complexité technique exigeante, l’intérêt stratégique d’un tel modèle dépasse largement ses contraintes opérationnelles.
Elle offre une expérience sensorielle unique : le sifflement aigu du compresseur mêlé au grondement sourd du 8 cylindres en ligne est une symphonie mécanique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde automobile.
Sa rareté absolue en fait l’investissement le plus sûr du marché actuel, à condition d’avoir les moyens de sa conservation muséale. Elle reste le témoin flamboyant d’une époque où l’automobile était encore une aventure humaine, technique et artistique sans aucune limite budgétaire.
L’avis d’Idefix US Motors est sans appel : la Twenty Grand est l’alpha et l’oméga pour tout collectionneur cherchant à inscrire son nom dans l’éternité automobile.
Ce véhicule ne se contente pas de rouler ; il impose une présence quasi mystique lors de chaque apparition publique. Posséder cet exemplaire unique, c’est devenir le conservateur d’une rupture technologique majeure, celle du passage à la suralimentation de luxe.
Malgré la rudesse de sa boîte non synchronisée et la lourdeur de sa direction, le plaisir ressenti à son volant est inversement proportionnel à sa facilité d’usage.
C’est une machine de caractère qui exige un respect total, vulgarisant la notion de domination mécanique pour celui qui a le privilège de la piloter. Chez Idefix, nous considérons que cet investissement dépasse le simple cadre comptable pour toucher à l’art pur.
C’est le joyau indétrônable de notre analyse, un rappel constant que l’ingénierie d’excellence, lorsqu’elle est servie par un design visionnaire, ne meurt jamais, elle se bonifie avec les siècles.
En conclusion, la Twenty Grand est le joyau indétrônable de la couronne Idefixus Motors. Elle est le rappel constant que le vrai luxe est intemporel et que l’ingénierie d’excellence ne meurt jamais, elle se bonifie avec le temps.
Ses défauts, comme sa direction lourde ou sa consommation gargantuesque, ne sont pas des faiblesses, mais des traits de caractère qui renforcent son authenticité et son charme historique.
Pour le collectionneur qui accède à ce niveau de possession, il ne s’agit plus de conduire, mais de piloter un morceau d’histoire mondiale et de préserver un héritage pour les générations futures.
C’est une acquisition qui définit une vie de passion, un joyau qui continuera de briller dans les concours d’élégance les plus prestigieux de la planète pour les siècles à venir. Investir dans la Twenty Grand, c’est s’assurer une place dans l’histoire, là où le métal rencontre le mythe.

Liens Externes
- WWW.classic.com/m/duesenberg/model-j/sj/year-1933/
- WWW.nethercuttcollection.org
- WWW.duesenbergmuseum.org
- WWW.pebblebeachconcours.net
- WWW.autoretromagazine.fr
- WWW.ffve.org
- WWW.shw.ch
- WWW.anciennes.net
Bibliographie
- Duesenberg: The Pursuit of Perfection, Fred Roe, 1982, 288 pages.
- Gordon Buehrig: Design for Destiny, Gordon Buehrig, 1975, 192 pages.
- The Classic Car, Beverly Rae Kimes, 1990, 250 pages.
- Duesenberg: The Grandest American Car, Jerry Gebby, 1970, 160 pages.
- L’Âge d’Or de la Carrosserie Américaine, Jean-Paul Tissot, 2012, 180 pages.
- Cord, Auburn, Duesenberg: The Cord Empire, A.B. Katz, 1995, 220 pages.
- Les Voitures de l’Exposition de Chicago 1933, Collectif, 1988, 144 pages.
- Duesenberg SJ: The Supercharged Era, Michael Furman, 2005, 120 pages.